05 septembre 2009
Scoutisme à Champigny
Scoutisme : référente Champigny :
Virginie MOYAT
01 45 76 13 74
vmoyat@orange.fr
Cela est nouveau !
Depuis la fête de secteur de juin, la paroisse s’est rattachée au groupe des éclaireurs unionistes du secteur. Celui-ci se réunit à St Maur un dimanche par mois, trois week-end par an, deux ou trois semaines en juillet. Trois tranches d’âge : les louveteaux (8-11 ans), les éclaireurs (12-15 ans), les aînés (16-18 ans), les responsables (ensuite !!).
Pour apprendre à vivre ensemble la fraternité, la paix et être aussi à l’écoute de notre environnement, venez les rejoindre, autant en tant que enfant que pour être responsable !! Ce mouvement est ouvert à tous, avec un esprit protestant et quelques moments de réflexion sur la Bible interrogeant chacun croyant ou non . Invitez vos amis !
Prochains rendez-vous :
Vendredi 25 septembre : rencontre des parents et inscription.
Dimanche 27 septembre : première sortie (heure à préciser).
Fête du secteur des boucles de la Marne




A chaque jour suffit sa peine
Matthieu 6, v 24-34 A chaque jour suffit sa peine
2 Corinthiens 8 v 13 à 15
C’est une expression qu’on utilise assez souvent, les uns et les autres.
« A chaque jour suffit sa peine »
Une manière de se calmer, une manière de se dire qu’il ne faut pas trop penser aux soucis de demain. Une parole d’encouragement qu’on se dit volontiers à soi-même.
Observez les oiseaux, observez les fleurs des champs, et cessez de vous inquiéter du lendemain. A chaque jour suffit sa peine, témoigne ce matin le texte de Mathieu 6.
Facile à dire en vérité. A chaque jour suffit sa peine ? Facile à dire, moins facile à entendre peut-être. Peut-elle être entendue, cette phrase, par celui dont le pouvoir d’achat déjà limité s’amenuise, petit bout par petit bout ? Ou encore par celui que la crise vient d’envoyer au chômage ? Que vient faire cette phrase dans notre monde d’anticipation pour certains, d’incertitudes extrêmes du lendemain pour d’autres ? Comment ne pas se sentir en décalage avec ce « A chaque jour suffit sa peine », qui semble prêcher une bien difficile « zen attitude » ?
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A bien y réfléchir, et c’est ce que je voudrais partager avec vous ce matin, il semble que cette phrase est bien adapté à notre XXIème siècle, sans doute plus qu’à beaucoup d’autres périodes de l’histoire de l’homme, et ceci pour au moins 2 raisons.
La première vient du portrait que Jésus, par ce sermon, trace de l’homme. Il est question d’interrogations et d’inquiétudes –Qu’allons-nous manger ? Qu’allons boire ? Qu’allons-nous mettre pour nous habiller ?
Jésus nous révèle tels que nous sommes : nous sommes des angoissés. A des degrés divers bien sûr, mais le sentiment d’angoisse est quasi-universel dans l’humanité. Angoisse qui n’a fait que croître au fil des siècles : vous savez peut-être que la consommation de médicaments anxiolytiques ne cesse d’augmenter, et que la France est d’ailleurs particulièrement bien placée dans le domaine. Chaque homme, chaque femme vit avec ses angoisses et les gère plus ou moins facilement. Notre société de consommation, bien entendu, n’y est pas étrangère. A force de transmettre que beaucoup est nécessaire pour vivre, on crée une angoisse profonde, celle du manque, réelle ou fictif. Plus que jamais dans l’humanité, la société du XXIème siècle génère une angoisse destructrice.
La 2ème raison de grande actualité du texte de Matthieu, c’est qu’il ne parle ni d’hier ni de demain, mais bien du jour d’aujourd’hui. « A chaque jour suffit sa peine ». La peine de demain n’est pas encore là, occupons nous d’aujourd’hui… et de sa peine. C’est le sens premier de l’expression, que nous gommons parfois en utilisant cette phrase comme expression de sérénité. Il y est bien question de peine quotidienne, de la peine de ce jour dont on parle, pour dire qu’on ne va pas -en plus- s’occuper de celle du lendemain. Jésus est plongé directement dans notre vécu, dans l’actualité de chaque homme : ta peine, aujourd’hui, je la reconnais ; occupons-nous d’elle sans penser déjà à celle de demain.
Ainsi, le texte de Matthieu 6, qui commence par l’opposition forte entre Dieu et l’argent tourne rapidement en un constat sur l’inquiétude chronique de l’homme et sur les comportements qu’elle entraîne.
Oui, nous sommes de grands anxieux. Et cela nous éloigne, fondamentalement, du dessein de Dieu le Père, lui qui est venu donner un projet de vie à chaque homme au travers de Jésus le Fils. Lutter contre l’angoisse du lendemain, c’est participer au projet de vie du Seigneur car il veut que ma vie aujourd’hui ait du sens pour moi. Vivre, ce n’est pas d’abord prévoir, c’est investir le temps présent. « Préoccupez-vous d’abord de la vie juste que Dieu vous demande » nous dit Jésus, au verset 33. Il y ajoute de nous préoccuper du Royaume de Dieu, car le Royaume n’est pas une espérance lointaine mais bien une réalité qui nous accompagne.
Chaque jour a sa peine, mais chaque jour a aussi sa part de Royaume de Dieu.
Chaque jour, l’homme peut être libéré de l’angoisse anticipée de la peine de demain, dés lors qu’il croit que le Royaume de Dieu est pour demain comme il était déjà pour aujourd’hui.
Accepter cela passe par la confiance en Jésus Christ, qui a tout connu de notre condition, jusqu’aux angoisses et à la mort. Cela passe par la foi dans le Ressuscité, lui qui veut rendre chaque homme disponible à la vie.
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Quel rapport tout cela a-t-il avec le don, me direz-vous ?
Un rapport très étroit en vérité, tant il est vrai que le don n’est pas compatible avec l’angoisse du lendemain. C’est l’inquiétude profonde qui fait se renfermer sur soi-même, empêchant l’ouverture à l’autre, l’offrande, le don. Ne plus vivre la peur au ventre, c’est sortir de soi, c’est déjà donner, donner de sa disponibilité d’esprit, réserver du temps pour l’autre, se poser des questions sur ses envies, évaluer comment l’aider. Libéré par la foi, l’homme peut se tourner vers l’autre et donner.
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Alors, que donner ?
De l’argent, c’est important d’en parler. Nous l’oublions parfois, l’Eglise, notre Eglise, notre paroisse, ont besoin d’argent. Sans argent, l’Eglise ne pourra faire avancer la Bonne Nouvelle, remplir sa mission. C’est une réalité, les chrétiens ne peuvent pas ne pas l’entendre. Etre conscient que l’argent est indispensable à sa communauté, c’est tout accepter d’en être un peu responsable, se sentir concerné par son rayonnement, son existence même.
La Bible, loin des tabous que mettent parfois les hommes, nous parle très simplement d’argent. C’est le cas par exemple dans cette 2ème épître aux Corinthiens de l’apôtre Paul, où nous avons lu un passage. Paul, fondateur de grandes communautés, qui sait au quel point il leur faut des moyens pour se développer. Il nous le dit un peu plus loin dans la même épître : « Que chacun donne comme il a résolu dans son cœur, sans regret ni obligation, car Dieu aime celui qui donne avec joie ».
Participer à l’offrande collective, c’est dire à l’autre, de manière très concrète, qu’il est important pour moi. Dans un monde où l’argent sait si bien diviser ou élever des barrières, il est bon d’entendre que l’argent peut être aussi un outil qui rassemble et unit les hommes. L’argent de chacun, à la hauteur de ce qui peut être donné, participe à l’action de la communauté, tournée vers son Seigneur.
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Mais l’argent ne résume pas le don, loin s’en faut.
Il y a les dons moins matériels, les dons de temps, les dons de sentiments. Il y a les dons visibles, comme prendre une responsabilité dans une paroisse. Il y a des dons moins visibles mais tout autant porteurs de liens dans une communauté. Donner un peu de son temps pour s’accueillir les uns les autres au culte, par exemple. Et jusqu’à la prière dans le silence du cœur, dans un don de la pensée, parcelle de soi-même offerte.
Soyons-en persuadés, le problème n’est pas de trouver ce que l’on pourrait donner. Il y a tant à donner ! Comme le dit Paul, toujours dans la 2ème épître aux Corinthiens : « Dieu vous rendra suffisamment riches en tout temps pour que vous puissiez sans cesse vous montrer généreux ».
Chacun d’entre nous a beaucoup à donner. Chacun d’entre nous peut se montrer généreux.
C’est une question d’ouverture, et d’abord une question pour l’homme et la femme de libération de ses angoisses existentielles.
Chaque jour suffit a sa peine et chaque jour a sa part du Royaume de Dieu.
S’en souvenir, c’est être libéré.
Acceptez la grâce que je vous fais, dit le Seigneur, n’ayez pas peur.
Ainsi vous pourrez donner, et l’on vous donnera.
Amen
Prédestination par le Pasteur Dominique Hernandez
PRÉDESTINATION
Voici un mot qui fait frissonner, sursauter, un mot qui hérisse, qui prête à controverse, et à confusion. C’est aussi un mot étroitement associé à Jean Calvin.
Quoi donc ? Le salut n’est-il donc pas offert à tous ? Dieu en choisirait certains et pas les autres ? En fonction de quel(s) critère(s) ? Comment savoir si l’on est choisi ou pas ? Si tout est joué d’avance, à quoi bon parler de liberté ? Autant de questions qui laissent perplexe, fâché ou effrayé…
Soyons juste avec Calvin : tout d’abord, il n’est pas « l’inventeur » de la notion de prédestination. D’éminents théologiens de l’Eglise ont expliqué bien avant lui le concept de prédestination, par exemple Augustin (évêque en Afrique du Nord au IVe –Ve s). Les réformateurs partagent sur ce point une doctrine commune et issue de la pensée de ces prédécesseurs.
Ensuite, la prédestination ne constitue pas le cœur de la théologie de Calvin. Même s’il lui accorde une place de plus en plus grande au fil des éditions successives de sa grande œuvre « L’Institution de la Religion Chrétienne », elle n’est qu’une conséquence d’une conviction bien plus fondamentale, un des grands principes du protestantisme : la grâce seule. Dieu sauve l’être humain sans que celui-ci puisse contribuer à son salut de quelque façon que ce soit. L’initiative de la grâce revient à Dieu et à lui seul. Il s’agit donc pour Calvin de préserver l’initiative divine et donc la liberté de Dieu qui ne saurait être soumise à aucun raisonnement humain.
Voici comment Calvin expose la prédestination : « Nous appelons prédestination le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu’il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, les autres à l’éternelle damnation. Ainsi, selon la fin pour laquelle est créé l’homme, nous disons qu’il est prédestiné à la mort ou à la vie.
La prédestination représente le choix de Dieu, ou l’élection par Dieu, de ceux qui sont sauvés en Christ. Cette décision est prise depuis toujours et se concrétise au fur et à mesure de l’histoire des hommes, pour parvenir à son accomplissement à la fin des temps. Cette compréhension du choix de Dieu s’appuie bien sûr sur des textes bibliques (par exemple : épître aux Ephésiens 1,4-6).
Calvin place le chrétien devant un mystère : l’impossibilité de connaître le secret de Dieu. Il ne sert à rien de spéculer pour tenter de savoir qui ou pourquoi. Toute tentative ne peut qu’entraîner des abus de pensée et de comportement : la prédestination bien comprise empêche le croyant de se prononcer sur le salut d’autrui, quel qu’il soit.
Il s’en suit finalement pour le croyant une libération de l’inquiétude de son salut par une remise de toute chose dans la confiance en Dieu seul, la confiance en l’action de l’Esprit Saint qui régénère les croyants. Issue de la foi en la grâce seule, la prédestination y ramène le croyant.
Ainsi toute une branche du calvinisme a pu se détacher de cette doctrine de la prédestination : la foi, qui est elle-même un don de Dieu, suffit pour vivre et agir dans le monde selon l’Evangile, à la suite du Christ.
Pasteur Dominique Hernandez
01 mai 2009
Comment fonctionnent l'Eglise et la paroisse ? : le Mot de la Présidente
Comment fonctionnent l'Eglise et la paroisse ?
L'Eglise Réformée de France est une union de paroisses qui sont juridiquement des associations cultuelles. Elle se réclame de la tradition héritée du réformateur français Jean Calvin (1509-1564) qui avait mis l'accent autant sur la souveraineté des Ecritures que sur la toute puissance de Dieu.
L'Eglise ne vit en Christ que par la foi de ses membres.
Les 5 thèmes de la foi protestante :
>> A Dieu soit la gloire >> : en dehors de Dieu, rien n'est sacré, divin ou absolu.
>> La grâce seule >> : Dieu donne son amour sans condition
>> L'essentiel, c'est la foi >> : la foi est la réponse humaine à l'amour de Dieu.
>> La Bible seule >> : la seule autorité est la Bible.
>> Le sacerdoce universel >> : chaque baptisé, pasteur ou laïc, a le même statut.
Chaque paroisse est dirigée par un conseil presbytéral composé d'au moins six membres élus pour six ans par l'assemblée générale. Cette assemblée est composée des paroissiens ayant demandé leur inscription sur la liste des membres de l'association culturelle. A Champigny le nombre de conseillers est de neuf. Ils sont renouvelés en partie tous les trois ans. Le conseil élit alors un(e) Président(e), un(e) secrétaire et un(e) trésorier(e). Il se réunit chaque mois. Il règle les affaires de la paroisse et veille sur la vie spirituelle de la communauté. Il la représente auprès des tiers (mairie, institutions...) et exécute le budget voté en assemblée générale. Le conseil presbytéral prend ses décisions à la majorité absolue et rend compte devant l'assemblée générale des membres de la paroisse.
Le rôle du pasteur comporte essentiellement l'annonce publique de la parole de Dieu, la célébration des sacrements et le ministère de la communion. Le pasteur est appelé par le conseil presbytéral et, après accord, nommé par le conseil régional. Il est membre de droit du conseil presbytéral. A Champigny, le pasteur occupe un posté à mi-temps.
L'assemblée des représentants des paroisses s'appelle le Synode. Il existe des synodes nationaux et des synodes régionaux. Chaque paroisse est agréée par le Synode régional puis par le Synode national.
Le Synode régional se réunit une fois par en session ordinaire. Il veille à l'application des décisions du Synode national, recueille les avis des paroisses sur les thèmes proposés, et organise la vie de l'Eglise dans la région.
Le Synode national gouverne l'Eglise Réformée de France, la représente et formule sa Confession de foi, sa liturgie et ses texte constitutionnel. Il se réunit une fois par an.
Les Eglises locales sont réparties en secteurs. L'Eglise de Champigny fait partie du secteur des Boucles de la Marne avec les paroisses de Vincennes, Saint-Maur et Charenton-Créteil.
Les paroisses placent au cœur de leur existence la Déclaration de foi de l'Eglise Réformée de France qui figure dans le préambule de leurs statuts.
Marie Claire BARET
29 avril 2009
Prédication Pâques ERF Champigny - Jean 21,1-17 et Jean 3,1-17
Jean 21,1-17 et Jean 3,1-17
Il y a plusieurs points communs dans les deux textes de ce jour. Le premier, c’est qu’il y fait sombre. Nicodème vient la nuit rencontrer Jésus. On pourrait dire que c’est pour ne pas être vu, lui le pharisien connu et respecté, en compagnie de ce Jésus dont on ne sait pas encore très bien qui il est.
Marie-Madeleine va au tombeau si tôt le matin qu’il fait encore sombre. On pourrait dire que son chagrin l’a empêchée de dormir et que c’est lui qui la pousse de si bonne heure vers un jardin, le jardin où se trouve le tombeau où Nicodème, justement lui, a déposé le corps du Seigneur mort, crucifié.
Ensuite, Marie-madeleine et Nicodème se trouvent l’un et l’autre, à cette heure obscure, devant quelque chose qui les surprend.
- Marie-Madeleine trouve une pierre roulée, là où elle s’attendait à trouver un tombeau fermé, refermé sur corps enveloppé d’un linceul. La pierre roulée pose, est une question, une énorme et lourde question : comment cela se peut-il ? Cette surprise, cet étonnement est un poids supplémentaire pour Marie-Madeleine, un poids insupportable pour elle qui porte déjà tant de douleur, tant de peine. Marie, dans son désespoir, trouve immédiatement une réponse, logique, raisonnable, une réponse somme toute humainement possible : on a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis. Il faudra, parce que les autres disciples ne s’occupent pas d’elle, que Marie trouve un jardinier, un homme qu’elle croit être un jardinier, pour qu’apparaisse la réponse à la question de la pierre roulée: il est ressuscité, il est vivant son maître, le Seigneur ! N’est-ce pas merveilleux, dans ce récit de Jean, que le Ressuscité l’ai été dans un jardin, que la vie ait surgit, fleurit dans un jardin ? N’a-t-il pas, en fait, quelque chose d’un jardinier, celui qui peut faire s’épanouir la vie même dans des terres desséchées ?
- Nicodème, lui, trouve une étrange parole prononcée par Jésus : « je te le dis, si quelqu’un ne naît pas de nouveau, il ne peut voir le règne de Dieu ». Comment cela se peut-il ? Nicodème pose la question : comment un homme peut-il naître, quand il est vieux ? Nicodème est un homme de bien. Il ne cherche pas à piéger Jésus. Il ne pose pas de jugement sur cette étrange parole ni sur celui qui l’a dite. Il ne cherche pas dans son propre savoir, qui est vaste, ni dans sa propre sagesse, qui est grande, une réponse logique, raisonnable ou possible. Il veut vraiment comprendre ce que Jésus a dit. Pour comprendre, il faut s’étonner de qui paraît étrange. Nicodème n’est pas stupide, mais il est surpris, il s’étonne, alors il questionne. C’est pourquoi Jésus peut encore lui parler.
Comment cela se peut-il ? Cette question, suscité par un étonnement, est une question que tout croyant peut poser, à plusieurs reprises au cours de sa vie et de la vie de sa foi. L’étonnement est une dimension essentielle de la foi. La foi commence par un étonnement, la foi grandit avec des étonnements, bien plus qu’avec des réponses déjà là, des réponses toutes faites. C’est une des explications à l’obscurité, nuit ou petit matin, dans les 2 récits de Jean : cette obscurité est une image de la dimension personnelle de la foi, d’une quête dont on ne peut faire l’économie et qu’on ne peut emprunter à un autre. Dans l’obscurité, on est toujours plus seul qu’en plein jour. Les réponses peuvent être données par d’autres, mais l’étonnement est personnel, toujours et uniquement personnel. C’est en veillant aux étonnements, en veillant à ne pas les éteindre tout de suite avec des réponses logiques ou puisées à l’intérieur de soi-même, c’est en gardant le goût, et le temps de l’étonnement qu’on laisse en soi une ouverture afin qu’un autre puisse parler encore, apporter une parole autre, une parole nouvelle.
Mais sous le poids des habitudes, des traditions, la capacité à s’étonner, à questionner sans a priori, est en grand danger d’être étouffée, supprimée, voire même considérée comme dangereuse, et l’histoire du christianisme est remplie d’étonnements, de questionnements éliminés, interdits, rejetés par des réponses déjà là et se satisfaisant d’elles-mêmes.
L’étonnement de Nicodème, aussi naïf qu’il soit, ne rencontre pas de mépris de la part de Jésus, mais un autre étonnement bienveillant : tu ne sais pas cela, toi qui est maître en Israël ? Naître à nouveau, c’est naître de l’Esprit dans la confiance en Dieu qui aime, en Dieu qui sauve, c’est commencer et continuer à respirer dans ce souffle-là, comme un nouveau-né commence et continue à respirer l’air qui l’entoure.
L’étonnement désespéré de Marie-Madeleine rencontre toute l’attention du Ressuscité qui se fait reconnaître à elle en premier. Cette reconnaissance de Jésus ressuscité est aussi une renaissance pour Marie, une nouvelle naissance à la vie car la lourde pierre de son chagrin est roulée et la voici maintenant libérée de l’obscurité du désespoir pour être conduite à la lumière, dans le jour qui s’est enfin pleinement levé, conduite sur le chemin de l’annonce, du témoignage de la résurrection.
Parfois, ou souvent, les Eglises ont l’air d’avoir réponse à tout. Ne serait-ce pas aussi un beau témoignage si les Eglises avaient l’air, étaient, parfois, souvent, étonnées ? Etonnées d’être Eglises, étonnées de ce qui les constituent et les rassemblent dans l’Eglise du Christ ? Etonnées, d’un étonnement émerveillé, de la grâce qui leur est donnée sans être méritée, de la mission qui leur est confiée malgré leurs faiblesses, de la présence du Ressuscité dans leur failles et leurs manques ? Trop souvent les Eglises, les chrétiens ne donnent pas l’impression d’être encore et toujours étonnés de l’Evangile, comme si l’Evangile avait été, pouvait être parfaitement assimilé, comme si l’Evangile pouvait devenir une habitude. Nos réponses personnelles, particulières à l’Evangile ne sont-elles pas aussi tissées d’étonnements nouveaux, de question renouvelées, comme ces jeunes enfants qui ne cessent de s’étonner de ce qu’ils voient et de poser des questions ? On ne devient pas vieux dans la foi, même en avançant en âge. La capacité à s’étonner, c’est un signe de jeunesse par le renouvellement qu’elle engendre. La foi vivante reste jeune.
Nous recevons de l’aide, afin que notre foi reste jeune, demeure étonnée et capable d’étonnements. L’aide de l’Esprit Saint, la présence des hommes et des femmes autour de nous, la réalité du monde dans lequel nous vivons : que de questions !
Aujourd’hui même, il nous est donné ici de vivre, d’éprouver un étonnement véritable. Caroline demande à recevoir le baptême. C’est une joie pour elle, pour nous tous. Mais franchement, comment cela se peut-il ?
Il n’y a aucun argument logique, aucun raisonnement bien sensé, pour qu’une jeune femme (ou un vieil homme) mette un jour sa confiance, toute sa confiance, sa foi dans le Dieu de Jésus-Christ. Caroline dira quelques mots de son parcours, mais rien de ce qu’elle dira ne pourra être entendu comme preuve.
Comment cela se peut-il ? N’est-ce pas étonnant ? Comment une femme, un homme de notre temps, de notre monde peut-il, pour découvrir un sens à son existence et un point de vue pour comprendre le monde, comment peut-elle, peut-il se placer devant une croix, et se plonger dans un livre, ou plutôt une bibliothèque dont on ne sait pas vraiment par qui, quand et comment les livres en ont été composés ?
Comment dans le flot des discours, des slogans et des propositions de toutes sortes est-il possible d’entendre et de s’attacher à un essentiel aussi inouï que celui exprimé par Jésus : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle.
Comment dans une société obnubilée par les jugements, les coupables, les condamnations, les interdictions, ceux qu’on jette et ceux qui peuvent rester pour le prochain tour, comment se laisser emporter par une promesse, et une promesse d’amour ?
Comment cela est-il possible ?
Comment cela se peut-il ?
N’est-ce pas étonnant ? N’est-ce pas merveilleusement étonnant ? ou étonnement merveilleux ?
C’est l’œuvre de Dieu, sa présence, sa Parole, son Esprit. C’est l’œuvre de Dieu, une œuvre qu’aucun être humain ne saurait accomplir par lui-même, une œuvre qui ne se plie pas aux pensées et aux possibilités des hommes. Cela porte un nom.
C’est un miracle. La foi est un miracle, la foi de chaque croyant est un miracle, et non seulement le premier jour, non seulement le jour du baptême, mais chaque jour.
Dans la foi, une jeune femme, un vieil homme naît de nouveau, une jeune femme, un vieil homme ressuscité dans une vie nouvelle. Marie-Madeleine, Nicodème, Caroline, ….
C’est l’œuvre de Dieu, son œuvre depuis le commencement du monde, son œuvre dont le sens profond et merveilleux se manifeste à Pâques dans toute sa puissance, et qui se poursuit en chaque croyant d’ici et d’ailleurs, chaque jour.
Fête du secteur des Boucles de la Marne - Champigny
La paroisse de Champigny accueille cette année la fête du secteur des Boucles de la Marne qui rassemble les paroisses réformées de Charenton-Créteil, Vincennes, Saint-Maur, Champigny et la paroisse de l’Eglise Evangélique Luthérienne du Perreux.
Afin d’avoir les meilleures chances de profiter de notre vaste terrain au soleil, cette fête aura lieu plus tard que les années précédentes : le dimanche 21 juin, sur le thème de la musique. Nous espérons que le temps nous permettra de rester dehors toute la journée, pour le culte, le repas et l’animation de l’après-midi !
Nous ferons appel au cours des cultes à venir à toutes les bonnes volontés nécessaires pour l’organisation de cette grande journée et pour recevoir au mieux nos amis. D’ors et déjà, merci de faire savoir au pasteur si vous avez des abris de toile disponibles (il faut aussi penser à la pluie…).
En raison de cet événement, il n’y aura pas cette année de fête de la paroisse, ni de tombola, mais notez bien que le culte du dimanche 7 juin sera animé par les enfants de Découverte Biblique avec la participation des petits de l’éveil biblique.
Pasteur Dominique Hernandez - Predestination
PREDESTINATION
Voici un mot qui fait frissonner, sursauter, un mot qui hérisse, qui prête à controverse, et à confusion. C’est aussi un mot étroitement associé à Jean Calvin.
Quoi donc ? Le salut n’est-il donc pas offert à tous ? Dieu en choisirait certains et pas les autres ? En fonction de quel(s) critère(s) ? Comment savoir si l’on est choisi ou pas ? Si tout est joué d’avance, à quoi bon parler de liberté ? Autant de questions qui laissent perplexe, fâché ou effrayé…
Soyons juste avec Calvin : tout d’abord, il n’est pas « l’inventeur » de la notion de prédestination. D’éminents théologiens de l’Eglise ont expliqué bien avant lui le concept de prédestination, par exemple Augustin (évêque en Afrique du Nord au IVe –Ve s). Les réformateurs partagent sur ce point une doctrine commune et issue de la pensée de ces prédécesseurs.
Ensuite, la prédestination ne constitue pas le cœur de la théologie de Calvin. Même s’il lui accorde une place de plus en plus grande au fil des éditions successives de sa grande œuvre « L’Institution de la Religion Chrétienne », elle n’est qu’une conséquence d’une conviction bien plus fondamentale, un des grands principes du protestantisme : la grâce seule. Dieu sauve l’être humain sans que celui-ci puisse contribuer à son salut de quelque façon que ce soit. L’initiative de la grâce revient à Dieu et à lui seul. Il s’agit donc pour Calvin de préserver l’initiative divine et donc la liberté de Dieu qui ne saurait être soumise à aucun raisonnement humain.
Voici comment Calvin expose la prédestination : « Nous appelons prédestination le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu’il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, les autres à l’éternelle damnation. Ainsi, selon la fin pour laquelle est créé l’homme, nous disons qu’il est prédestiné à la mort ou à la vie.
La prédestination représente le choix de Dieu, ou l’élection par Dieu, de ceux qui sont sauvés en Christ. Cette décision est prise depuis toujours et se concrétise au fur et à mesure de l’histoire des hommes, pour parvenir à son accomplissement à la fin des temps. Cette compréhension du choix de Dieu s’appuie bien sûr sur des textes bibliques (par exemple : épître aux Ephésiens 1,4-6).
Calvin place le chrétien devant un mystère : l’impossibilité de connaître le secret de Dieu. Il ne sert à rien de spéculer pour tenter de savoir qui ou pourquoi. Toute tentative ne peut qu’entraîner des abus de pensée et de comportement : la prédestination bien comprise empêche le croyant de se prononcer sur le salut d’autrui, quel qu’il soit.
Il s’en suit finalement pour le croyant une libération de l’inquiétude de son salut par une remise de toute chose dans la confiance en Dieu seul, la confiance en l’action de l’Esprit Saint qui régénère les croyants. Issue de la foi en la grâce seule, la prédestination y ramène le croyant.
Ainsi toute une branche du calvinisme a pu se détacher de cette doctrine de la prédestination : la foi, qui est elle-même un don de Dieu, suffit pour vivre et agir dans le monde selon l’Evangile, à la suite du Christ.
Pasteur Dominique Hernandez
Participer par Isabelle Zuber
Participer :
Encore un verbe à plusieurs sens et que l’on emploie facilement dans la vie de tous les jours sans forcément faire attention à ses nuances.
Le sens premier de participer est le plus simple aussi : s’associer, prendre part, agir avec, faire sa part : non seulement on est agissant mais cela se passe dans un groupe, avec d’autres. Mais cette participation peut alors être matérielle, et par exemple on participe à la préparation d’un repas, ou plus intellectuelle et on participe à la vie d’une association.
Le second sens, relativement simple aussi, introduit une notion d’argent : c’est celui de payer sa part ou encore cotiser : et là encore on retrouve un sens quotidien et matériel : je participe à l’achat d’un cadeau ou moins directement visible quoiqu’indispensable : je participe aux finances d’une association.
Enfin le dernier sens est à la fois financier : participer aux bénéfices d’une entreprise, c'est-à-dire recevoir sa part, et spirituel : nous recevrons le royaume de Dieu en héritage.
Et voilà comment au niveau d’une paroisse chrétienne le mot participer est un mot d’une importance capitale à cause de ses 3 sens : aucun de nous ne peut l’ignorer ou le laisser de côté puisqu’à chaque sens correspond une partie de la vie du chrétien :
· Prendre part : tout d’abord sur le plan matériel : donner un coup de main pour l’organisation et la vie pratique de notre paroisse (apéritif, jardinage, repas commun). Ensuite sur le plan spirituel : prendre part aux cultes, aux prières et enfin sur un plan qui parfois nous dépasse et nous sublime au delà de notre vie humaine : prendre part à la Sainte Cène.
· Cotiser ou payer sa part : au sortir de notre assemblée générale durant laquelle Yann nous a exposé les tenants et les aboutissants des finances paroissiales, l’appel à participer est limpide et indispensable mais son évidence ne doit pas nous faire l’oublier !
· Enfin recevoir sa part : c’est sans doute sur ce point que les choses sont le plus difficiles à appréhender au niveau d’une communauté chrétienne. Recevoir mais quoi ? De la reconnaissance des autres membres, des remerciements pour le travail accompli ? Recevoir mais quand ? Tout de suite, plus tard, dans une autre vie ? Et si cette participation là n’était plus entre nos mains mais entre celles de Dieu et que nous n’avions rien à attendre ni de nos frères et sœurs ni dans l’immédiat. Cette participation là est d’un domaine qui nous échappe.
Dernière objection qu’il est facile de soulever : mais si je ne sais rien faire, comment puis-je participer ? Sur le plan matériel avec un peu de bonne volonté et chacun à son niveau, on peut donner un coup de main. Sur le plan plus intellectuel ou spirituel, nous sommes sans doute les moins à même de juger de nos compétences, alors laissons les autres membres du groupe discerner pour nous nos qualités et si eux ne savent pas, Dieu lui sait ce que nous sommes. Laissons-le nous guider et nous trouverons de quoi participer.
Le Baron Pierre de Coubertin, au moment de la résurrection des Jeux Olympiques, a eu cette phrase désormais célèbre : « L’important, c’est de participer » : et bien oui, participons, prenons part tel que nous sommes à la gloire de Dieu et recevons notre part de sa grâce et de son amour.
Isabelle Zuber
Diaconat - ERF Champigny
LE DIACONAT
L’Eglise Réformée de Champigny a toujours exercé une action diaconale ; plus souvent individuelle, gérée par le Pasteur. Et deux ou trois fois par an, la communauté, en accord avec le conseil presbytéral, soutient une association, une action d’aide nationale ou internationale.
Son financement se fait par les bénéfices de la tombola, de la foire au Troc et de quelques dons spécifiques.
La gestion financière est assurée par le trésorier Yann Viguié.
Mais pour des raisons légales, tout ce qui est de l’ordre du cultuelle doit être dissocié du diaconat.
Depuis longtemps le besoin se faisait sentir pour notre paroisse d’étendre notre diaconat. Mais peut être n’étions nous pas assez « mûrs » et autonomes pour franchir le pas. ..
Qu’importe ! Maintenant c’est le moment. Nous avons déjà des membres de la paroisse qui ont proposé leur candidature pour la gestion de cette association, ainsi que la partie culturelle de notre église.
Le Diaconat fait partie des missions de l’Eglise et est évoquée dans la déclaration de foi de ERF : « sous l’action du Saint Esprit, elle montre sa foi par ses œuvres…. par l’évangélisation, par l’œuvre missionnaire, par la lutte des fléaux sociaux, elle prépare le chemin du seigneur »
Mais sa création, son fonctionnement, ses objectifs doivent être portés et soutenus par l’ensemble de la communauté.
Voilà. A peine cette association commence à exister que déjà elle nous interpelle.
D’abord il faudra lui trouver un nom, la déclarer officiellement, lui fixer des objectifs, lui apporter les moyens de ses ambitions tant sur le plan matériel qu’humain et enfin la faire vivre.
Lors de la fête du cinquantenaire de la création de l’église de Champigny, je ne pouvais m’empêcher de penser que, vraiment, il avait fallu un courage extraordinaire à tous ces paroissiens et une foi sans limite pour oser avoir un tel projet : construire un temple…. Mais aujourd’hui, je pense qu’ils avaient simplement accepté de se laisser interpeller, et d’être acteur de leur foi.
Le relais est donné, soyons attentifs à chacun d’entre nous. Et grâce à l’amour de Dieu, laisser à notre tour des messages de vie et d’amour.

















